L'histoire de Pablo
La naissance

La naissance s'est déclenchée naturellement en semaine 39, un samedi matin le 1er février 2003. Après une bonne nuit de sommeil, les premières contractions ont commencé vers 9 heures et elles étaient tout de suite régulières à des intervalles de 5 minutes. J'ai sauté dans un bain chaud comme on me l'avait conseillé et nous étions disposés à prendre notre temps. Mais vers 10 heures les contractions sont devenues très douloureuses. Nous avons donc appelé la maternité et la sage-femme nous a demandé de venir. François roulait vite dans la voiture et un fou du volant a voulu faire la course avec nous à travers le Bois de Boulogne. J'étais allongée sur le siège arrière et je tenais la main de François, que je serrais très fort à chaque contraction. Nous sommes arrivés à la maternité vers 11 heures. La sage-femme m'examinait et elle a pu constater que j'étais ouverte d'un cm. Ensuite elle nous a conduit dans la salle d'accouchement.

Une fois dans la salle la sage-femme m'a posé un monitoring sur mon ventre pour mesurer les contractions et le cœur du bébé. Elle a constaté que le rythme cardiaque de Pablo baissait pendant chaque contraction, mais il se rétablissait à nouveau entre les contractions. Elle nous a dit que ce n'était pas alarmant, mais que dans ce cas la naissance ne devait pas s'éterniser. Au bout d'un quart d'heure j'ai perdu les eaux. L'eau était teintée d'une couleur un peu brunâtre. La sage-femme nous a dit que c'était un signe que le bébé avait fait ses besoins dans l'eau. Mais elle avait l'air de trouver cela normal aussi. Elle m'a donné un masque à oxygène et m'a demandé de bien respirer dedans pour oxygéner le bébé. Puis elle nous a laissé seul un moment. A un moment donné le médecin, qui m'avait suivi pendant la grossesse, est venu. Il a demandé comment j'allais et il a jeté un coup d'œil sur le monitoring. Puis il est reparti.

Les contractions étaient terriblement douloureuses et je m'accrochais à François à chaque contraction. Il était totalement avec moi et il m'encourageait avec intensité de bien respirer. Entre les contractions je fermais les yeux et j'essayais de me détendre autant que possible. Je n'étais pas inquiète et j'étais convaincu que tout allait bien se passer. La sage-femme est revenue vers midi. Elle m'examina à nouveau et j'étais maintenant ouverte de 6 cm: Cela allait vite ! Le rythme cardiaque de Pablo baissait toujours pendant chaque contraction et maintenant cela avait l'air de l'inquiéter un peu. Elle manipulait maladroitement le monitoring et elle n'arrivait pas à imprimer les tracés correctement. La machine était nouvelle et François a du venir à son aide pour la faire marcher. Après elle a décidé de m'installer une perfusion au cas ou il serait nécessaire d'agir rapidement. Les douleurs des contractions commençaient à me dépasser et j'ai demandé une péridurale. Malheureusement l'anesthésiste était occupée en salle opératoire avec une césarienne: Il fallait patienter. Nous sommes restés un peu seuls à nouveau.

Vers 13 heures la sage-femme avait l'air un peu paniquée et elle se demandait à haute voix: " Où est le médecin ?". Le rythme cardiaque de Pablo avait commencé à baisser d'avantage et il avait du mal à récupérer. Finalement Dr T. est revenu, il a regardé le monitoring et il a dit qu'il préférait préparer une césarienne. Même s'il n'était pas convaincu que c'était nécessaire, il allait prendre la décision en salle opératoire. Encore 3 quarts d'heures se sont écoulées avant que je sois transférée en salle opératoire. On m'a finalement posé la péridurale: "quel soulagement ! " J'étais maintenant ouverte de 8 cm. La sage-femme a essayé de stimuler le col manuellement et elle m'a demandé de pousser. Mais non !, je n'étais pas assez ouverte et la décision a été prise de procéder à la césarienne. J'avais une confiance totale dans leur décision: Si c'était le mieux pour Pablo, c'était d'accord pour moi.

Ce n'est finalement pas le Dr T. qui a fait la césarienne. Il y avait un changement de garde juste à ce moment là, et je ne connaissais pas le médecin qui allait m'opérer. Mais je restais allongée tranquillement et j'étais focalisée sur le fait de voir ma petite boule d'or bientôt (expression danoise). L'anesthésie m'avait libérée de la douleur et je pouvais enfin me détendre. François était à mon coté et il caressait mon bras et mon front. Dehors, il avait commencé à neiger: A travers les grands bais vitrées, je regardais les gros flocons de neige tomber sur la ville. C'était beau.

La césarienne était un peu désagréable. La salle était silencieuse, personnes ne parlaient et l'équipe avait l'air très concentrée. A 14h35 notre fils Pablo est né. Mais je ne l'ai pas vu. Ils l'ont emmené tout de suite dans une salle à côté et on nous a dit qu'ils étaient en train de le soigner. J'ai demandé pourquoi il ne pleurait pas. On m'a répondu qu'il ne fallait pas s'inquiéter, c'était simplement parce qu'ils étaient en train de l'oxygéner. Pour la première fois nous avons compris que quelque chose n'était pas comme il fallait. François m'a quitté pour aller voir Pablo à côté. Il a été confronté à une équipe très fébrile autour de Pablo et le pédiatre était en train de lui donner un massage du cœur. Un moment donné François a pu dire quelques mots à Pablo, qui avait ouvert ses yeux et regardé dans sa direction pendant un instant.

J'ai été recousu pendant qu'ils étaient toujours en train de soigner Pablo. François faisait des allers et retours entre moi et notre fils. Finalement ils nous ont dit que Pablo avait souffert d'un manque d'oxygène pendant l'accouchement. Ils ont continué à lui donner des soins. J'ai été re-transférée en salle d'accouchement pour attendre de ses nouvelles: Je n'avais même pas encore pu voir mon fils. Nous sommes restés un moment dans la salle. A un moment donné la sage-femme est venue pour nous informer qu'ils étaient obligé de transférer Pablo dans un hôpital de néonatalogie à M. Son état était grave mais ils ne savaient pas dire plus. J'ai demandé à le voir au moins une fois avant le transfert. Je ne pouvais pas le suivre à cause de mon état post opératoire. On m'a amené Pablo un bref instant et je l'ai vu. J'ai vu mon fils allongé dans une couveuse transportable avec un masque à oxygène, une couche et quelques bandages. Il était complètement mou, il ne bougeait pas et il avait les yeux fermés. Mais il était si beau, la peau nette et rose. Je le trouvais hors du commun (comme j'imagine toute les mères). Un grand garçon de 3580 g et 54 cm.

 

Pablo avant le transfert vers la néonatalité

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